Focus et interview

février 4, 2014 at 4:38
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Elvis Presley«J’ai lu des BD et j’ai été héros de BD. J’ai vu des films et j’en ai tournés. Tous mes rêves se sont réalisés au centuple. J’ai appris très tôt que « sans chanson un jour est infini. Sans chanson on n’a pas d’ami. Sans chanson on rate sa vie ». Alors, je chanterai toujours.» En prononçant ces paroles au crépuscule de sa vie, Elvis Presley venait de résumer en quelques mots émus, soigneusement recopiés, quelles avaient été, des années durant, ses motivations profondes.
Bilan réaliste d’une carrière aux mille facettes menée en quatrième vitesse, « paroles d’évangiles dont le plus grand nombre se gargarise jusqu’aux larmes, le King est jusqu’à la fin resté aux yeux du public un exemple de constance. La vidéo, véritable mémoire collective en VHS, nous restitue sans fard ni complaisance l’existence de dieu-Presley himself, de ses débuts tonitruants à l’apogée de sa carrier Documentaires, longs métrages racontant le King, sans oublier la plu part de ses films et spectacles, autant de casse, tes qui nous parviennent par wagons entiers C’est Noé!! Faites votre choix.Les éditeurs se sont passé le mot! Quatorze cassettes concernant Elvis Presley sortent simultanément à la vente… Films du King chez Proserpine documentaires chez Antarès et Film Office, sans oublier un magnifique coffret de concerts distribué par Virgin, la presleymania bat son plein. L’occasion était trop belle pour retracer, autour de sa vidéographie, le parcours d’Elvis au pays des merveilles.

Elvis Le roi du rock a connu dès ses débuts, en 1954, la vénération de foules de teddy boys and girls hystériques et lobotomisés par les déhanchements suggestifs d’un jeune homme à la vingtaine flamboyante. En janvier 1957, Ed Sullivan, pape de la télé US, réconcilie les- parents, scandalisés par ce «possédé du sexe», avec leur progéniture, en proie au démon du rock, en déclarant après le passage de Presley dans son émission : «Je dis à Elvis et à la nation que c’est un garçon digne et respectable.» La CBS, qui avait expressément demandé à ce qu’Elvis ne soit filmé qu’au-dessus de la taille peut aller se rhabiller! Exit les âmes pudibondes, l’Amérique conservatrice, dans tout ce qu’elle peut avoir de ridicule, et les esprits chastes !

Le rock’ n’ roll, virus inoculé au continent tout entier, entre par la grande porte du petit écran et ne connaît pas de dose homéopathique. On retrouve dans « Elvis 56» (Virgin), « Elvis sur scène» et «L’homme et la musique » (Buena Vista/Film Office) toute l’ambiance de ce beginning frénétique et fraca8sant. De même, « Elvis memories», sorti chez Delta, retrace, à travers le souvenir nostalgique d’un de ses proches, l’itinéraire du King. Tous ces documentaires se complètent admirablement. A grands coups d’images d’archives et d’extraits de chansons, on retrouve chaque étape de la vie d’Elvis qui, passée au crible, se révèle dans tout ce qu’elle a eu de beau et de dramatique. Grandeur et décadence de l’homme qui voulut être roi, irrésistible ascension du petit prince du rock’ n’ roll qui devint King, c’est au travers de «son» idole que l’Amérique se dévoile et que la musique fait sa loi. Sur fond de «That’s all right mama » qui, en 1954, connut un succès foudroyant, les grilles d’un Graceland dont le mystère appartient désormais au passé s’ouvrent sous une coulée de souvenirs empreints d’émotion et de tristesse. Non, le volcan n’est pas éteint! Les films racontant Elvis sont légion. Chacun, à sa façon, porte au pinacle la carrière de Presley. Les sosies se succèdent face à des caméras volontairement exhaustives qui ne cachent rien de la vie privée de la star. Le meilleur portrait de l’artiste est signé John Carpenter. En 1979, le maître du fantastique résume, de façon très précise, le parcours professionnel sans faille d’un homme dont l’existence en coulisses s’impose pourtant comme autant de défaites et de déchirements. Pilules de toutes les couleurs, paranoïa grandissant parallèlement au succès, vie dissolue, rien ne nous échappe. «Le roman d’Elvis », remarquable téléfilm, reste ce que l’on a fait de mieux sur Presley. «This is Elvis » (Warner) retrace, quant à lui, la jeunesse de l’artiste dans les moindres détails. Basé sur des interviews, ce film, réalisé par Andrew Solt, lève le voile sur le King et son royaume. Plus récemment, « Elvis and me» (Antarès), fidèle adaptation du roman de Priscilla Presley, se révèle être une peinture fidèle et sans détours de l’histoire d’amour entre le King et sa petite reine. Le film tout entier est centré sur Priscilla. Cendrillon au carrosse devenu citrouille, la fille du commandant Beaulieu rencontre son prince charmant en Allemagne. Elvis, matricule US 53310761- à la solde de l’oncle Sam, fait alors son service militaire en Europe. 1958. De Gaulle lance à Alger son célèbre «Je vous ai compris !», Dario Moreno triomphe en France avec «Si tu vas à Rio» et Priscilla, quatorze ans, file le parfait amour avec la star qu’outre-Atlantique, des cohortes de fans attendent impatiemment.

Elvis and me«Elvis and me» ne néglige aucun détail sur les années qui suivent : luxe et volupté pour celle qui ne deviendra Mme Presley qu’un matin d’août 1967, patience et désespoir d’une femme* qui ne parviendra jamais, jusqu’à son divorce cinq années plus tard, à garder l’homme qu’elle aime et qui lui échappe inexorablement. La naissance de Lisa Marie, en 1968, ne suffit pas à ressouder ce couple qui déjà se déchire et glisse vers le néant… « Elvis and me» est un bel exemple de précision et de rigueur sur un sujet riche en détails. Lary Peerce, qui en signe la mise en scène, aurait pu se perdre dans les méandres tortueux d’une réalisation lugubre et racoleuse. Il n’en est rien. Il faut dire que le producteur exécutif se nomme Priscilla Beaulieu Presley. La carrière cinématographique du King comporte un peu plus d’une trentaine de titres et reste l’un des rares domaines où Elvis ne parvint jamais à devenir la star qu’il rêvait d’être. Au début des années 60, il est l’acteur américain le plus cher payé et possède déjà six films à son actif. Grâce à son mentor, le colonel Tom Parker («Monsieur 25%»), le jeune rock’ n’roller ne cesse de tourner que pour enregistrer un nouveau disque.

Sa première apparition à l’écran dans «Love me tender», baptisé en français «Le cavalier du crépuscule» (CBS-Fox), est la seule fois où la vedette meurt dans un film. Le cachet d’Elvis est de deux millions de dollars. A la sortie du film, les critiques américains se déchaînent : «Sa contribution d’acteur n’a pas été plus impressionnante que celle d’une vieille savate» (sic). La chronologie nous impose de citer «Loving you» («Amour frénétique» Ciné Collection), condamné par l’Eglise lors de sa sortie aux USA, où le parcours professionnel d’Elvis apparaît en filigrane : un campagnard devient star de la chanson. La suite de sa filmographie nous est offerte en grande partie par Proserpine, qui lance actuellement une véritable offensive sur le marché de la vidéo en rééditant sept des premiers films d’ Elvis. Pas un de moins! Par ordre d’apparition, on retrouve le King en étudiant de la Nouvelle-Orléans en lutte contre des voyous (« King Creole»), en séduisant bidasse en Allemagne («Gl blues»), en fils de riches négociants d’ananas («Blue Hawai» son plus gros succès cinématographique), en propriétaire d’un bateau de pêche («Girls! Girls! Girls !»), en ex-trapéziste reconverti en maître nageur (n Fun in Acapulco»), en homme à tout faire d’une troupe de forains («Roustabout») et en pilote d’une compagnie aérienne (« Paradise, hawaiian style»). Et Elvis chante. Tel est le point commun entre tous ces films souvent controversés. Le jeune homme que Michael Curtiz, Norman Taurog, Richard Thorpe et Michael Moore mettent en scène est en permanence le stéréotype du justicier à la vigoureuse personnalité. En proie à diverses injustices, Elvis s’impose comme un défenseur des opprimés, dont l’organe vocal, véritable leitmotiv de sa filmographie, est l’outil même de la réconciliation entre bons, brutes et innocents, et un atout supplémentaire pour charmer les femmes.

Considérés, souvent à juste titre, comme comédies musicales insipides, la plupart des films d’Elvis, calqués les uns sur les autres, ne sont que des prétextes inavoués pour placer ses chansons et nourrir un engouement grandissant du public pour cette star qu’il a faite sienne. La vidéographie (se reporter en fin de journal) de Presley recèle d’autres films du même tonneau. Le célèbre «Rock du bagne» (MGM/Film Office) tourné en 1957 n’est qu’une illustration supplémentaire de l’utilisation. D’Elvis par un art qu’il ne parvient pas à maîtriser. Les «Jeilhouse rock», «Treat me nice» et autres «Don’t leave me now», que le King interprète en play-back, sont les preuves flagrantes qu’Elvis est d’abord et avant tout un chanteur hors normes. Le colonel Parker l’entraîne dans d’autres romances à l’eau de rose. «Les rôdeurs de la plaine», «L’amour sauvage» (CBS-Fox), « Le shérif de ces dames», «Kid Galahad» (Werner), «Blondes, brunes ou rousses» et «A plein tube» (MGM/Film Office) sont autant de demi-échecs aux yeux d’une critique chaque jour plus sévère que la veille. Jamais Elvis Presley ne connaîtra, avec le septième art, le love me tender dont il rêvait tant. Les propositions de Robert Wise, pour qu’il tourne dans «West Side story», et de Barbra Streisand, pour l’avoir comme partenaire dans «Une étoile est née», resteront lettres mortes.

Elvis PresleySi la prudence concernant le choix d’un ou plusieurs films d’Elvis en vidéo s’impose, il n’y a, en revanche, rien à craindre de ses spectacles, disponibles également en cassettes. Ainsi, c’est les yeux bandés que l’on peut se ruer sur la série de trois concerts disponible chez Virgin. «68 comeback spécial» est un show télévisé qui marque le grand retour d’Elvis après plusieurs années d’absence. Les mauvaises langues se plaisaient alors à répandre le bruit que c’en était fini du King, que le royaume Presley n’était qu’un château de cartes éphémère prêt à s’effondrer sous la moindre secousse et que, derrière les grilles d’un Graceland sauvagement gardé, se préparait un échec professionnel cuisant. Babillages! Avec ce comeback sur la NBC. Elvis, vêtu de cuir noir de la tête aux pieds, remet les pendules à l’heure et prouve que les prétendants au trône peuvent s’en retourner jouer aux billes. «One night vvith you» est du même cru. «Aloha from Hawaii», premier concert diffusé par satellite en mondiovision, est une illustration par l’exemple du phénomène Presley auprès du public. Elvis, collier de fleurs au cou, déchaîne et électrise les milliers de fans présents dans la salle. Ils sont un milliard et demi à suivre l’événement en direct devant leur téléviseur! On retrouve également le show-man Presley dans toute sa splendeur, à l’occasion de sa série de concerts à l’International Hôtel de Las Vegas, dans «That’s the way it is». Outre le spectacle dans son intégralité, MGM/Film Office nous offre une incursion dans les coulisses de cette série de soixante concerts. Elvis en répétition. Elvis à deux minutes d’entrer en scène, Elvis se déchaînant face à un public hystérique, cette vidéo est vraiment un morceau de choix. Pour être tout à fait complets, citons aussi «Elvis on tour» (MGM/Film Office), une remarquable compilation d’extraits de concerts donnés par le King en 1972.

Elvis Presley, sa vie, son œuvre. On pourrait, en ces quelques mots au- commun désarmant, résumer la vidéographie de l’artiste tellement elle est complète et propre à alimenter notre passion dévorante pour le King. Peut-on en écrire encore et toujours sur l’homme et sa carrière sans risque de se répéter? Certes, non. Il ne nous appartient pas de faire le panégyrique ou le procès d’un parcours que l’on connaît désormais dans les moindres détails. Elvis reste à jamais une légende et seuls ses proches peuvent, sans se tromper, nous raconter le mythe Presley. «Ce garçon avait tout. Il avait le look, les mouvements, le manager et le talent. Et, à la différence d’un certain nombre «(‘entre nous, il était beau. La façon dont il parlait, la façon dont il se comportait… Il était vraiment différent».

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